Présentation Karaté
Commençons par quelques notions générales pour vous permettre de comprendre ce qu’est le Karaté.
DEFINITION
Le Karaté est une forme de combat sans armes, mains et pieds nus. Il se compose essentiellement d’atémis (coups) des membres supérieurs (poing, doigts, main, coude, avant-bras) et des membres inférieurs (pied, genou) et de blocages (Parade d’un coup avec un des membres du corps ).
Il comporte également quelques techniques de saisies et de projections. En fait et en théorie, le Karaté comporte tous les moyens pour la mise hors de combat d’un assaillant, rien, aucun coup ni aucune prise, n’est interdit. A l’entraînement toutefois, les coups sont portés avec force mais toujours sans impact. Cette règle et le fait que les projections soient très rares, expliquent que le Karaté pratiqué dans un bon Dojo ne présente aucun danger pour l’organisme
DOJO ET ETIQUETTE
Le Dojo (littéralement « lieu pour trouver la voie» ) est la salle d’entraînement ( Le gymnase pour d’autres sports).
Traditionnellement, le sol est un plancher, ce qui favorise la stabilité et le déplacement.
En franchissant le seuil du Dojo, le karatéka doit avoir le sentiment de pénétrer dans un lieu où l’entraînement doit lui permettre de progresser vers la perfection physique et morale, donc digne de respect.
Pour montrer ce respect, le pratiquant doit saluer debout (ritsurei) en entrant ou en sortant du dojo et au début et à la fin de tout entraînement avec partenaire.
Que peut apporter le karaté ?
Quel que soit l’âge où l’on débute, le Karaté peut beaucoup vous apporter.
Premièrement, il faut absolument ôter de l’esprit des gens certaines idées reçues :
- Le karaté n’est pas un sport violent, il y a beaucoup moins de blessures qu’au Foot ou au Rugby.
- Le karaté ne développe pas l’agressivité, bien au contraire il l’a canalise.
- Le karaté n’est pas un sport de « brutes» . Il demande de la réflexion, de la concentration, de la maîtrise de soi. C’est 70% avec la tête et 30% avec le corps.
- Le karaté ne sert pas à attaquer les autres mais à se maîtriser. Par contre, il peut être utilisé pour la défense personnelle.
- Il n’y a aucune connotation religieuse ou de secte. Le salut est simplement une forme de respect et le fait qu’il se fasse à genoux est simplement issu de la tradition nippone.
- Le karaté n’est pas un sport « masculin et misogyne» . Au contraire les filles sont souvent plus douées que les garçons, la pratique du karaté ne demandant aucune force musculaire.
- Le karaté n’est pas un sport réservé aux jeunes et aux gens très souples. Il existe un éventail de techniques très large pour chaque génération et pour le potentiel physique de chacun. Il n’y a pas d’âge pour commencer
Cette liste n’est pas exhaustive, bien évidemment.
Malheureusement il existe certains clubs qui continuent d’enseigner un « mauvais karaté» qui correspond aux différents points ci dessus. Ce sont des clubs dont les professeurs ne sont pas diplômés, qui sont souvent d’anciens compétiteurs n’ayant aucune compétence en karaté traditionnel et dans l’enseignement des Activités Physiques et Sportives.
« Le karaté est un sport complet, bilatéral et symétrique, qui fait travailler tous les muscles du corps, sans exception et sans traumatisme. L’entraînement constitue une pratique physique équilibrée, totale, complète et donne une musculature naturelle. »
Docteur Gérard Garson, médecin , préseident de la Fekamt ( Fédération Européenne de Karaté et d’art martiaux traditionnels )
» Aux timides, sa pratique apporte confiance en soi. Aux turbulents, il enseigne le contrôle de soi. A tous les pratiquants, le karaté apporte une meilleure co=nnaissance de son corps et la maîtrise de ses émotions.»
Revue Univers Santé N°21
La tenue d’entraînement est un karategi ( textuellement Vêtement de karate) ou Dogi, improprement appelé kimono. Cette tenue ressemble beaucoup à celle du Judo dont elle est issue.
Elle est composée d’un pantalon et d’une veste. Une ceinture ( obi )faisant deux fois le tour de la taille est nouée par-dessus la veste. Sa couleur est variable suivant le grade du karatéka, la ceinture blanche indiquant le débutant, la noire désignant l’expert.
A l’origine à Okinawa les pratiquants ne portaient pas de tenue spéciale. Ce fut en 1922 lors de la démonstration de Funakoshi Gichin Sensei à Tokyo que pour la première fois , un pratiquant du Tode ( nom originel du Karate) porta un karategi. Funakoshi l’avait lui même fabriqué en s’inspirant de celui du Judo.
基本 Kihon : Entrainement de Base
C’est l’entraînement de base du Karaté. Pendant les Kihon, les élèves pratiqueront seul des milliers de fois les mêmes mouvements afin de les réaliser parfaitement.
Lors des passages de grades Français , le mot Kihon se réfère à des techniques avec déplacements ( Avant, Arrière, avec des angles etc …. ).
A okinawa et au Japon on pratique un « Karaté d’école» , c’est à dire propre à son style et/ou à son Dojo. Même si la pratique des Kihon libres existe, les Kihon sont souvent codifiés.
En Okinawa shorinji-Ryu Karaté on distingue :
- Kihon waza : Techniques de base effectuées sur place ( example Jodan Uke, Tsuki, keri waza ).
- Zenshin Kotai : Techniques effectuées en avançant ( Zenshin) et en reculant ( Kotai ) .
Objectifs du Kihon :
- Acquisition des techniques de base pour les débutants dans un contexte simple
- Perfectionnement et affinement technique pour les avancés
- Introduction ou perfectionnement d’enchaînements présents dans les Kata ou les Kumité
- Préparation physique et mentale ( pour les séries très longues )
Le mot Kihon ( 基本 ) signifiant fondamental en Japonais, le Kihon c’est donc simplement la répétion des fondamentaux du Karaté.
型 : Kata ( Forme / moule )
Le Karaté commence et fini par le Kata
Une première définition simple du kata en Karaté pourrait être :
Ensemble de techniques représentant un combat contre des adversaires imaginaires
En fait les Kata sont une suite de mouvements techniques, plus ou moins complexes, dans différentes directions et codifiés.
C’est la forme d’enseignement traditionnel des techniques codifiées par les anciens afin de transmettre leur savoir. En fait c’était la base de l’entrainement à la fin du 19ème siècle à Okinawa.
Il existe différents types de Kata : certains pour entraîner le corps, d’autre pour travailler la respiration, certains plus sportifs et adaptés aux jeunes, d’autres plus « internes» et plus adaptés aux anciens.
Ainsi, quel que soit son âge, ses aptitudes physiques, son habileté technique, le pratiquant de Karaté trouve toujours des kata adaptés à son niveau.
La pratique des kata étant individuelle, elle est sans danger aucun pour le pratiquant.
A l’époque où la pratique était secrète, sans écrits, le Kata était la forme de transmission d’une école » Son encyclopédie « .
La partie technique du Kata était accompagnée d’un enseignement oral qui malheureusement dans la plupart des styles a été perdu. Cet enseignement oral servait à décrypter les kata, c’était la clé !
Faute de cet enseignement oral, la plupart des experts modernes « inventent» des applications parfois farfelues et souvent très complexes.
La plus garnde erreur faite dans l’analyse des applications du Kata ( Bunkai ) est de vouloir donner une application martiale à tous les gestes.
Vous découvrirez cela dans l’étude Technique portant sur les Kata.
Le nombre de Kata varie grandement suivant le style des écoles. Il y a par exemple plus de 50 kata en Shito-ryu, 26 en Shotokan et seulement 8 ( plus un kata de Bô) en Okinawa Shorinji-ryu.
La mode actuelle est à la course aux kata, les pratiquants se trompant complêtement d’objectif.
Enfin la plupart des kata commencent par une technique de défense illustrant la célèbre maxime : « Karate ni sente nashi» , il n’y a pas de première attaque en Karate.
組手 : Kumite ( Sparring )
Alors que le travail traditionnel du Kata ce fait seul, le Kumite est un travail à deux afin de mettre en application les techniques apprises dans le Kata.
Il faut éviter de traduire le mot kumite par combat car ce n’est pas sa signification première. Il est plus judicieux de le traduire par Sparring ou entrainement à deux.
Combat se traduirait plutôt par Jissen .
KUMITE CONVENTIONNEL ( 約束組手 Yakusoku Kumite – Kumite arrangé )
Celui ci se pratique toujours avec contrôle, l’attaque doit être arrêtée à une distance de trois à zéro centimètres du partenaire. Les deux partenaires travaillent successivement l’attaque et la défense.
Il existe trois formes principales de Yakusoku Kumite:
- Une attaque déterminée à l’avance avec parade (blocage) et contre attaque réalisée une seule fois (kihon Ippon Kumité ).
- Une attaque et une parade simples choisies parmi les techniques de bases répétées trois à cinq fois ( Sanbon Kumité et Gohon Kumité ).
- -Une attaque avec parade et contre attaque. La première attaque peut être soit fixée à l’avance, soit libre ; le blocage ou l’esquive et la contre attaque sont libres (jyu Ippon Kumité ).
Suivant les dojo ou les styles il existe de nombreuses formes de Yakusoku Kumite. La pratique du Yakusoku Kumite est très récente, avant à Okinawa on s’entrainait au Kumite par l’application des Kata
Pour les enfants, ces assauts s’effectuent soit hors distance, soit avec des accessoires, bâton avec mousse pour porter l’attaque, bouclier en mousse pour porter la contre attaque.
JYU KUMITE ( 組組手 COMBAT LIBRE )
En combat libre traditionnel, les adversaires travaillent en contrôlant les attaques mais librement. Mais pour travailler convenablement, il faut d’abord perfectionner la capacité de contrôle, la précision des mouvements, la perception des attaques de l’adversaire.
Pour cela, il faut travailler longtemps les combats conventionnels.
Ce type d’entraînement est rarement utilisé pour les plus jeunes enfants (coordination, appréciation des distances et contrôle du mouvement insuffisant ). Afin de ne pas les frustrer («» On ne se bat pas au karaté « ), on les remplace par des jeux d’opposition sans danger ou par des affrontements contre le professeur (à un ou a plusieurs).
試合 : Shiai ( Compétition )
Contrairement à d’autres sports de combat, la compétition n’est absolument pas obligatoire en Karaté, même pour passer la ceinture noire !
Elle ne concerne qu’une catégorie infime de pratiquants, environ 10%. Un enseignement par trop basé (et c’est malheureusement bien souvent le cas) sur la compétition, appauvrit l’art martial par son côté réducteur et les diverses incidences externes qu’elle entraîne.
En compétition c’est essentiellement l’aspect physique qui prime.
Il y a tout de même certains aspects favorables à la compétition : évaluation du niveau, vaincre le stress, rencontrer d’autres karatékas, respect des décisions des arbitres ; à condition de rester humble dans la victoire et digne dans la défaite.
La compétition n’est qu’un jeu, avec ses règles et ne reflète en aucun cas la valeur d’un karatéka qui est autant morale que physique.
Il existe deux sortes de compétitions : Kata (forme) et Kumite (combat).
COMPETITION KATA
Le pratiquant doit effectuer une démonstration d’un ou plusieurs Kata devant un jury, un petit peu comme les figures imposées en patinage ou en gymnastique.
Les critères de notation sont les suivants :
- Réalisation technique (forme générale) $
- Concentration, regard
- Stabilité
- Puissance (Kimé)
- Rythme, dynamisme
- Contrôle de la respiration, Kiaï
- Postures correctes, attitude exemplaire.
Il existe également une compétition kata par équipe de trois. Le déroulement du kata doit être parfaitement synchronisé entre les différents membres de l’équipe.
COMPETITION COMBAT ( SHIAI KUMITE).
La compétition se déroule par catégorie de poids et d’âge. Les combattants portent une coquille, des protèges mains et un protège dents.
Le contact au visage est interdit, et le contact au corps doit être contrôlé.
Le combat dure entre deux et trois minutes, il peut y avoir une prolongation.
