Kyan Chotoku
Chotoku Kyan (Okinawa 1870 – 1945)
Un fils de bonne famille
« Chan mi Gua» , le surnnom de Kyan Chotoku , est né en l’an 3 de l’ère meiji ( décembre 1870) à Shuri dans le village de Gibo ( prononcer guibo).
Kyan chotoku est né dans une famille de grande lignée, si on s’en tient aux liens du sang, il fut le descendant de Shô Sei (1497-1555), quatrième roi de la seconde dynastie Shô du royaume de Ryûkyu
Son père, Chofu ( 1843- ?) était le chamberlain et homme de confiance du dernier roi d’Okinawa, Shô Tai ( 1843-1901). Il était lettré à la fois en culture chinoise et japonaise. Il était également pratiquant du Ti ( Terme désignant le Karaté à cette époque).
Sa position auprès du roi lui permettait de faire jouer « ses relations» !
En ce qui concerne le karate, l’une de ses relations était Matsumura Sôkon ( 1809-1890), qui avait étudié en profondeur les arts martiaux chinois et rénové le Shurite. Il était expert non seulement en arts martiaux mais aussi en littérature.
Bien entendu, son fils ( Chotoku) se devait de recevoir une bonne éducation. A partir de 6 ans, Chofu commença à entrainer et a éprouver son fils ( Kyan chotoku) .

Le jardin de la maison secondaire du roi des ryukyu ( Okinawa) où Chotoku Kyan s'entrainait avec Matsumura Sokon
Comme les descendants de sang royaux avaient besoin de fils robustes, Chofu entrainait durement son fils dans le jardin au combat de sumo même en plein milieu de l’hiver quand il neigeait ( Quand ils étaient à Tokyo ) !
Toutefois, il y avait une grande différence de constitution physique entre le fils, Chotoku, et son extraordinaire père. Chotoku était petit et de faible constitution.
Même si Chotoku n’était pas fort physiquement » en s’astreignant à un entrainement très dur au Ti ( main en dialecte okinawa pour désigner le karaté ), tu pourras développer tes capacités martiales « lui disait toujours son père et comme Chotoku avait confiance dans les paroles de son père, il suivit un entrainement sévère.
Finalement, ce ne fut pas en pure perte qu’il s’entraina durement, l’adolescent frêle et complexé, bien qu’étant petit, avait obtenu quelques années plus tard un corps ferme et fort !
Ensuite pour poursuivre son éducation dans l’art de la main d’Okinawa, il enverra Chotoku étudier avec les maîtres les plus représentatifs de l’époque : Matsumura Sôkon, du Shurite, Matsumora kosaku (1829 -1898) du Tomarite et Oyadomari Kôkan (1831-1905 ) qui habitait également à Tomari auprès duquel il apprit une vieille version de Passaï
Ce vieux Passai est toujours pratiqué grâce à Nakasato Joen Sensei et Zenryo Shimabukuro (1908-1969) à Okinawa , dont la version différe assez de celle de NAgamine, influencé par Itosu. Il est à noté que ces 2 grands maîtres sont peu connus en occident , mais il est certain que leurs kata sont plus proches des origines du Shurite, que ceux de maîtres bien plus connus qui ont tous subi l’influence de Itosu Sensei.
Il se dit ( mais ce n’est pas du tout prouvé) qu’il s’entraina en même temps que Funakoshi Gichin ( le fondateur du Shotokan) chez Matsumura Sokon. Par contre contrairement à ce qui est écrit dans beaucoup d’articles, il n’a jamais été élève d’Itosu et donc les kata enseignés par Kyan Chotoku Sensei n’ont pas subi de modifications.
Jeune, le petit Chotoku était de constitution faible mais grâce à un entraînement de tous les jours, il parvient à obtenir des résultats et un physique extraordinaire.
Les Katas provenant de Kyan Chotoku Sensei
Avec Matsumura Sokon il apprit les kata Seisan et Goju shiho, kata qui sont proches de ceux enseignés en Shotokan.
Avec Matsumora Kosaku, il apprit l’ancienne version de Passai, Chinto ( Gankaku en Shotokan).
Il apprit Kusanku ( Kanku dai) avec Chatan Yara, descendant du fameux Chatan Yara qui fut le disciple interne de …. Kushanku lui même ! Yara resta fidèle à son maître ( mais ne fut jamais très connu) et transmis ce vieux kata tel quel à Chotoku Kyan qui lui le transmis aussi sans modification à Nakazoto Joen et Zenryo Shimabukuro. Encore une fois, cette version diffère de celle de Nagamine Sensei qui est pris souvent en référence pour les vieux kata ( tout du moins par les auteurs français !).
Les kata transmis par Chotoku Kyan sont donc :
Shurite : Seisan (Hangetsu) et Useshi (Gojushi ho).
Tomarite : Wanshu (Empi), Passai ( Bassai DAi), Kushanku ( KAnku dai), Chinto ( Gankaku)
Il a ajouté le Kata Ananku, certains auteurs affirment qu’il provient de Taiwan, d’autres qui lui a été enseigné par son père.. Ce n’est pas certain du tout, vu la cohérence qu’il y a entre ce kata et d’autres enseignés par Kyan Chotoku Sensei, il est plus probable ( C’est mon avis personnel) qu’il l’ait créé lui même. Il a commencé à enseigner ce kata à l’ecole des forets et d’agriculture de Kadena ( où Nakazato sensei l’a appris ), ce qui aurait tendance à prouver que c’est un kata d’apprentissage créer dans le but d’enseigner le karate aux collégiens.
Là aussi je me demande d’où provient la version pratiquée en France puisque la filiation de ce kata, ne peut se faire qu’à travers de Chotoku Kyan !
Il rajouta le Kata de Bô, Tokumine no Kun. mais les avis divergent sur le fait que Chotoku Kyan l’ai appris de Tokumine lui même, Tokumine étant déjà décédé de l’avis de certains experts.
Il est presque certain que le karate de kyan Chtoku Sensei reste l’un des plus fidèles au karaté d’origine pratiqué au 19ème siècle à Okinawa. (Dento Okinawa Karate ).
Beaucoup d’experts contemporains de Kyan Sensei étaient étonnéde la différence entre leur kata et ceux de Chotoku Kyan. Beaucoup ont donc affirmé qu’il avait modifié ces katas pour en faire des versions personnelles.
Pourtant, si l’on en croit Nakazato Joen Sensei ( le dernier élève vivant de Kyan Sensei) son proverbe zen préféré était : » Transvaser un verre d’eau dans un autre verre tel quel sans en perdre une goutte «
Durant les entrainements, il répétait toujours » Qu’il ne faut jamais modifier les kata « ( Je tiens cela de Nakazato Joen Sensei lui même ainsi que l’explication de la maxime Zen ). D’après Nakazato Joen Sensei, il est certain que Kyan n’a jamais modifié les kata anciens qu’il avait appris.
Redoutable combattant, de petite taille, il développa un karaté basé sur les esquives ( Tai Sabaki). A une époque où les défis étaient courants, il n’a parait-il jamais été battu. Son surnom Chan mi gua est resté célèbre à Okinawa.
Kyan aimait enseigner avec ses élèves torses nus. A l’époque de la photo ( 1941 ) dans beaucoup d’endroits à Okinawa on s’entrainait dans cette tenue ( à cause de la chaleur ). Mais il pouvait observer ainsi la façon dont l’élève utilisait ses muscles afin de lui apporter une meilleure correction.
Il enseignait des techniques dangereuses comme on peut le voir sur la photo et notamment une technique de soumission en entrant le pouce dans la bouche de son adversaire et en tirant fortement sur la joue. Il a utilisé cette technique lors d’un défi contre un Judoka ( Ishida Shinzou 6ème Dan) à Taiwan en 1930 alors qu’il s’apprêtait à faire une démonstration. Le judoka était bien plus grand et bien plus fort physiquement que lui !
Kyan Sensei et Itosu Sensei, l’évolution de son enseignement.
Dans beaucoup de généalogie du shorin, Kyan sensei est présenté comme un élève de Itosu ( L’un des sensei de Funakoshi Gichin ), grand rénovateur du Shurite et véritable père du Shorin actuel. C’est je pense une affirmation de Shoshin Nagamine qui a été prise comme référence par beaucoup. Hors le successuer de Itosu, Choshin Chibana n’a jamais listé Kyan comme un élève d’Itosu, il a simplement dit qu’il s’entrainait avec lui lors d’Enbukai périodique. L’enbukai étant une démonstration de karaté réunissant plusieurs experts différents.
Le karate de Kyan Sensei va dans le sens contraire de celui d’Itosu. Ce dernier a voulu en faire un moyen d’éducation physique ( en d’autres mots un sport ) et n’ a pas toujours était soutenu par ses contemporains. Chotoku Kyan lui a développé des technqiues particulières et à conservé les mouvements dangereux des kata, n’hésitant pas à relever les défis ( alors que Itosu Sensei était comme Funakoshi un homme plutôt pacifique ).
Kyan Sensei n’a jamais démontré en public une des formes modifiée de Itosu et si il y a certaines similitudes dans leur karaté, il ne faut pas oublier que dans sa jeunesse il fut élève de Matsumura Sokon le maître de Itosu Sensei. On peut donc en déduire que même si les deux hommes se connaissaient, et ont peut être fait des entraînements en commun , Kyan Chotoku ne fut jamais l» élève de Itosu.
Quand Kyan Sensei s’entrainait avec Matsumura Sokon, celui ci était très vieux . Il est probable qu’il se soit entrainé avec Azato Anko ( qui lui aussi fut le Sensei de Funakoshi Gichin ).
Il est presque certain que Kyan Sensei connaissait les différentes evolutions des différents kata qu’il enseignait et surtout les formes les plus archaiques et donc plus anciennes. Il semble ( c’est du conditionnel ) qu’il n’ait pas tout au long de sa vie enseigné les mêmes versions des kata et que vers la fin , il est revenu à la version la plus ancienne, voulant les sauvegarder pour les générations futures.
La plupart des élèves de Kyan ont pratiqué un entraînement complémentaire soit avec Choshin Chibana ( Nagamine, Shimabukuro) soit avec Chojun Miyagi, fondateur du Goju ryu ( ShimabukuTatsuo fondateur du issin-ryu). Seul Joen Nakazato n’a connu comme unique Sensei Kyan Chotoku.
On pourrait ainsi expliquer les grandes différences qui existent entre les écoles se réclamant de Kyan Chotoku Sensei.
En fait Kyan sensei, n’aurait enseignait la totalité de son karaté qu’à quatres éléves : Taro Shimabukuro et Ankichi Arakaki qui sont mort très jeunes, Shimabukuro Zenryo ( décédé en 1969 et dont le fils Zenpo à créé le Seibukan Shorin ryu) et enfin Nakazato Joen qui est le dernier élève vivant.
La conclusion d’une vie
Pour Kyan Sensei, la voie du karate ne pouvait s’accomplir que par une pratique constante et assidue. Ce qu’il fit durant toute sa vie.
» En 1938, lors d’une grande démonstration de Karate, alors que les autres experts laissaient leurs élèves démontrer les kata, seul Kyan sensei malgré qu’il avait déjà près de 70 ans , réalisa lui même les kata de son style. A cette époque, un homme de plus de 60 ans était considéré comme un vieillard et un infirme. Kyan fit son kata avec puissance et les spectateurs furent très impressionés. » ( Hiroyasu Tamae reporté par Graham Noble ).
A l’âge de 72 ans, il pratiquait encore et fit une démonstration impressionante pour l’inauguration du Dojo de Nagamine Sensei.
En 1943 à près de 74 ans il participa à une démonstration, avec Nakazato Joen, au profit des familles des soldats partis au front. A cette occasion il pratiqua de la casse notament 4 planches en cèdre Japonais.
Homme d’un grand cœur, à la fin de la seconde guerre mondiale ( il avait survécu à la fameuse « Bataille d’Okinawa « ), il donnait toute sa nourriture aux enfants vivant autour de lui. Il décéda donc le 20 Septembre 1945 à l’âge de 75 ans de malnutrition dans un camp pour réfugiés à Okinawa.
Encore un exemple à méditer pour nos soi disant maîtres du karaté moderne plus enclin à s’enrichir, à profiter de leurs élèves et des avantages liés à leur fonction.
Cet article va évoluer en fonction de l’évolution de la traduction d’un Texte de Nakazato Joen Sensei sur Kyan Chotoku.
Les sources de cet article :
- Shoshin Nagamine : Légendes des grands maîtres d’Okinawa ( Guy Trédaniel éditeur )
- Joen Nakazato : Kyan Chotoku Sensei to watakushi
- Mes interview avec Joen Nakazato
- KarateDo Aout 2006 ( Revue Japonaise sur le Karaté).
Les photos proviennent de la collection privé de Joen Nakazato et pour celles en couleur prises par moi même.
© Seishinkan Karate Aubenas - Vous êtes libre de distribuer cet article si vous en citait la source.
Il existe de nombreuses histoires su Kyan Sensei, comme il est difficile dans ses vielles histoires de démêler le vrai du faux, contons ses histoires dans la catégorie Légendes.
A la lecture de cette généalogie, on constate un nombre d’entrées très élevées en comparaison avec les autres maîtres contemporains de Kyan Chotoku, pourtant ses 2 écoles à Okinawa, Seibukan Shorin et Okinawa Shorinji Ryu sont celles qui enseignent le moins de Kata de toutes les écoles Shôrin.
Comment peut-on l’expliquer ?
A son époque Kyan était connu pour connaître les évolutions de tous les kata qu’il enseignait et il semble avoir beaucoup voyagé pour rencontrer les derniers maîtres et dernier détenteurs du vieux Shuri-te. ( Il est quand même allé jusqu’aux îles Yaema pour apprendre Tokumine no Kun qui serait le plus vieux Kata de Bô d’Okinawa ).
Je pense que Kyan a essayé de faire une compilation pour retrouver les plus vieux kata du Shuri-te, il n’a d’ailleurs pas toujours enseigné les mêmes versions suivant les époques. N’oublions pas qu’il était de sang royal et de plus opposé à la forme éducative ( sportive ?) du nouveau Karate.
Si il a étudié avec les 2 maîtres les plus connus de l’époque ( Matsumura Sokôn et Matsumôra Kosaku), ce ne sont pas leur verision de kata qu’il a le plus enseigné. Il est allé chercher des maîtres, beaucoup moins connus et qui peut-être connaissaient des versions plus anciennes.
Pour les autres kata les a t’il trouvés trop modernes ? ( Il semble que Matsumura Sokôn ait modifié ( créé ?) beaucoup de kata que nous connaissons actuellement ) ou bien a-t’il jugé qu’un nombre restreint de kata bien étudiés suffisait à l’apprentissage du Karate ?Cela restera un mystère ….
Les écoles ayant pour origine Kyan Chotoku Sensei
Il existe un nombre impressionnant d’écoles de Karate se revendiquant de Kyan Chotoku Sensei aux … Etats-Unis !!!
Si son enseignement a influencé nombre d’écoles : Isshin-Ryu, Renshinkan Shorinji-ryu, Chito-Ryu ( à ne pas confondre avec le Shito-Ryu ) … Les seules veritables écoles « officilelles» issues de l’enseignement de Kyan Chotoku sensei sont celle de Shimabukuro Zenryo ( Seibukan Shorin-ryu) et celle de Nakazato Joen Sensei ( Okinawa-Shorinji-ryu ).
Les Kata enseignés par Kyan Chotoku Sensei
Style shuri-te
Provenant de Sokon Matsumura
Seisan ( hangetsu en Japonais )
Naifanchi ( Tekki Shodan)
Useshi ( Gojushiho)
Provenant de Chatan yara
kusanku ( Kankudai )
La transmission exacte de ce Kusanku ( le plus ancien et le plus proche de l’original) est mal connue. Il aurait été transmis par le petit fils de Chatan Yara ( cela ne reste qu’une hypothèse ).
Style tomari-te
Provenant de Kokan Oyadomari
Passai ( Bassai Dai )
Provenant de Maeda Pechin
Wanshu ( Enpi )
Provenant de Kosaku Matsumora
Chinto ( Gankaku )
Origine incertaine ( Taiwan, Son père ou créé par lui même )
Ananku
La plupart des historiens disent que ce kata provient de Taiwan. Pour moi c’est assez peu vraisemblable. En voilà les raisons :
- Ce kata n’a rien de « chinois» et si tel est son origine , il a été profondément modifié par Kyan.
- Il contient de grands principes de l’école de Kyan Chotoku Sensei et beaucoup de techniques communes avec les autres Kata enseignés par Kyan.
- Kyan aurait commencé à l’enseigner après un séjour à Taiwan, certes, mais surtout quand il a commencé à enseigner le Karaté à l’école d’Agriculture de Kadena. Il est d’ailleurs considéré comme le Kata de base de son école.
- Entre la version enseignée a Nagamine et celle enseignée a Nakazato Joen plus tard, il y a trop de différences. Celle de Nagamine ( plus ancienne ) « semble» inachevée .
Kata de Bô-Jutsu
Tokumine no Kun ( provenant de Tokumine Peichin )
Tokumine no kun est l’un des plus vieux kata de Bô ( Baton long) d’Okinawa. C’est pour cela que Kyan aurait voulu l’apprendre.
Il c’est donc rendu sur l’île de Yaema (Yaema Jima) qui est très éloingé de l’ile principale d’Okinawa ( Okinawa Hondo ).
Certains auteurs affirment que Tokumine Peichin était déjà décédé quand Kyan arriva sur l’île mais qu’il l’apprit d» un de ses élèves.
Tokumine no kun serait en fait le kata Akahachi-no-gyaku-no-kun ( Akahachi car son créateur s’appelait Akayachi Oyakei) gyaku parce qu’il serait un kata de gaucher.
Akayachi Oyakei était l’un plus éminent spéciliste de Bô au 17ème siècle, vivant dans l’archipel de Yeyama, sa réputation parvenant j’usqu’à Okinawa hondo pourtant distante de plus de 400 kilomètres.
L’albun Photo de Kyan Chotoku Sensei :
![]() Kyan Chotoku Sensei |
![]() Cette photo illustre l'histoire du karaté de Kenji Tokitsu, pourtant celui ci ne parle que très peu de Nakazato Sensei, l'un des derniers gardiens de la tradition du karaté. |
![]() A Kadena, dans le jardain de la maison de Kyan Chotoko Sensei, l'entrainement avec les appareils de musculation traditionnels d'Okinawa. |
|
![]() Debout : Gusukuma Shimpan, Chitose Tsuyoshi (?) Chibana Choshin, Nakasone Genwa Assis : Kyan Chotoku, Yabu Kentsu, Hanashiro Chomo, Miyagi Chojun Cette photo fut prise lors de la réunion de 1936 |
![]() Le monument funéraire érigé à Kadena en l'honneur de Kyan Chotoku Sensei à l'initiative de Nakazato Sensei. |
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